Ils sont plus ou moins grands, châtains ou bruns, il y en a de toutes sortes. Un trait commun les définit tous, la virilité qui s'agite avec inquiétude entre leurs jambes.
Certaines s'affirment, hautes, orgueilleuses. Fermes et obstinées, dressées comme des mats. Puissantes et astucieuses, sûres d'elles, bonnes raisonneuses, mûres, décidées, elles envahissent tout. Elles entrent, s'approprient les lieux et, une fois introduites, solidement encastrées, elles savent qu'elles sont à leur place, connaissent leur rôle. Elles entrent, elles sortent, s'émeuvent, accélèrent le mouvement, conscientes de leur empire. Empire d'une nuit, monarchie d'un baiser.
Il est en d'autres, plus petites, inquiètes et espiègles. Turbulentes, curieuses, elle ne manquent jamais d'espace pour jouer, chercher et se perdre. Douces exploratrices, elles vous échappent parfois, glissantes comme des couleuvres, comme le savon dans la baignoire. Elles patinent, surprises, sur les cuisses mouillées, et repartent à l'escalade, anxieuses et impatientes, bondissant avec vivacité, vers le refuge humide et chaud qui les attend, elles le savent. Petits poissons qui sautent dans votre courant interne, heureux et trempés, peu leur importe comment et où. Jeunes d'esprits, c'est tout juste si elles se prennent elles-mêmes au sérieux.
Tu pourras les aimer beaucoup sans jamais les posséder. Elles pourront t'aimer encore plus sans que tu ne leur appartiennes jamais. Farouches et rieuses, fugaces, bruyantes, elles n'auront laissées ni sillage ni empruntes derrières elles. A peine le souvenir, flou et nostalgique, des heures heureuses, les seules qui comptent, celles qui ont été véritablement vécues ... .